Lexique : facing, cartonnage, refixage, nettoyage, décrassage, dévernissage, enlèvement des repeints, réintégration picturale, masticage, retouche, vernissage.

Pose d’une protection temporaire – facing

Avant de transporter un tableau ou de traiter son revers, il faut inspecter l’état de la peinture. Si la peinture (couche picturale) du tableau arbore des soulèvements ou des écaillages, il convient de la renforcer par le collage d’un papier non-tissé ou fin. Cette protection peut être collée avec divers types de colles.

  • Cartonnage
  • Pose d’une protection de papier plus épais qui peut servir à remettre la peinture dans le plan.
  • Refixage : Sert à recoller la peinture qui se soulève ou s’écaille et la remettre dans le plan.
  • Nettoyage : Terme général qui peut désigner une ou plusieurs des opérations expliquées ci-dessous.
  • Décrassage : Première intervention de nettoyage. Elle sert à enlever les dépôts (pollution, crasse, poussière, suie, nicotine, chiures de mouches) de surface. L’encrassement peut altérer l’apparence de la peinture en la rendant tachetée, plus sombre, gris ou brun.
  • Dévernissage : Tout vernis jaunit, voire brunit avec le temps. Ce vieillissement naturel du vernis peut changer complètement l’aspect de la peinture et ainsi falsifier sa lecture. Qui ne connaît pas une peinture avec un ciel vert (vernis jaune transparent sur peinture bleue donne une tonalité verte) ou une œuvre tellement sombre que l’on ne distingue plus les détails ? Ce n’est donc pas la peinture en elle-même qui s’est altérée, mais seulement la couche de vernis protectrice. L’enlèvement du vernis oxydé sert à retrouver les couleurs originales “cachées” sous celui-ci et de rétablir la lecture de l’œuvre.
  • Enlèvement de repeints : Il est souvent nécessaire d’enlever d’anciens repeints une fois que le vernis a été retiré, car ils se voient et sont souvent très débordants. Les repeints vieillissent différemment de la peinture originale : ils changent de couleur. Ils ont parfois été posés sur une peinture non nettoyée, ce qui rend la différence des couleurs après nettoyage encore plus frappante.
  • Réintégration picturale : C’est l’ensemble des interventions servant à traiter les lacunes afin de rétablir la lecture de l’œuvre. Avant la réintégration, il est préférable de poser un vernis à retoucher, un vernis intermédiaire, pour isoler l’original de toute intervention de restauration. Ce vernis rend l’ensemble des interventions suivantes plus facilement réversibles.
  • Masticage : Pose d’un mastic dans les lacunes de la couche picturale afin de rétablir le même niveau. Le mastic peut être sculpté quand la peinture est en empâtement. Le mastic est la base essentielle pour une bonne retouche, car tout mastic mal exécuté se verra, même si la retouche est parfaite.
  • Retouche : On retouche les lacunes, parfois aussi les usures et déplacages de la couche picturale, sans déborder sur l’original. La peinture utilisée est parfaitement réversible et stable dans le temps. Elle est adaptée au cas par cas selon la technique d’exécution de l’œuvre.
  • Vernissage : Un vernis final est posé sur la peinture pour la protéger des variations climatiques et des saletés.

Les traitements du support

  • Lexique : collage de trous, déchirures, incrustations, traitement des déformations, remise en tension, bandes de tension, doublage, rentoilage, pose d’une protection de revers.
  • Collage des accidents dans la toile : Les trous, coupures, perforations, déchirures ou autres peuvent être recollés bord à bord. Après protection de la couche picturale, les bords de déchirure peuvent être remis en place, puis collés. Il est parfois nécessaire de faire un traitement de rapprochement des bords car la toile s’est déformée.
  • Incrustation : S’il manque de la toile, celle-ci est remplacée par la pose d’une incrustation. C’est une pièce de toile, d’un tissage semblable à celle d’origine, qui est découpée aux formes exactes du manque, puis collée bord à bord avec les fils de la lacune.

Traitement des déformations

Les déformations, enfoncements, plis et autres peuvent aussi être traités. Dans certains cas, il n’est même pas nécessaire de démonter la toile du châssis.

  • Remise en tension : Les toiles qui manquent de tension se déforment et créent des poches, des vagues, ou font apparaître des marques du châssis. Il faut absolument les traiter pour éviter toute autre altération entraînée par la déformation (pliure, cassure, déchirure, altération de la couche picturale). Il suffit parfois de retendre la toile grâce à une augmentation des dimensions du châssis à clefs, mais dans la plupart des cas, il faut démonter la toile pour la remettre à plat et la retendre par la suite.
  • Bandes de tension : Les bords sont souvent fragiles, voire cassés ou déchirés. Afin de pouvoir retendre la toile sur son châssis, il faut les renforcer par des bandes de renfort.
  • Doublage/Rentoilage : Quand la toile d’une œuvre est en très mauvais état (nombreuses déchirures, déformations, toile cassante car trop oxydée, etc.) et ne joue plus son rôle de support, le restaurateur a recours au collage d’une deuxième toile (de renfort) sur la toile d’origine. La méthode de doublage est l’intervention la moins traumatisante pour l’œuvre, et également la plus réversible. Cette opération consiste en un collage contact entre les deux toiles. Le rentoilage est une méthode ancienne et ne sera appliqué que dans des cas spécifiques car l’intervention est irréversible, la colle est imprégnée dans la matière originale.

Pose d’une protection de revers

Dans certains cas, il est utile de poser une protection au revers des œuvres en toile pour la protéger d’accidents et des variations thermo-hygrométriques. Cette protection peut être sous forme souple (toile, sailcloth) ou rigide (plaques de polycarbonate). La protection peut être posée sans démonter la peinture.